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L'attentat contre Jean-Marie Le Pen [bbcode][texte]

Le 2 novembre 1976, un attentat contre Jean-Marie Le Pen fait 6 blessés dont 4 enfants
Le Parisien du 3 novembre 1976 titre sur le bébé, prénommé Guillaume, qui est tombé du cinquième étage, soufflé par la déflagration, et a atterrit seulement blessé sur le pavé. La Une du journal dira : « Guillaume Pron, 2 ans, gardera-t-il le souvenir de l'incroyable plongeon de 5 étages qu'il vient de faire, par le flan béant d'un immeuble que détruisait l'explosion de 5kg de dynamite ? Le bras gauche (fracturé) dans une attelle, le bras droit immobilisé contre son torse bandé, on veut espérer que l'enfant ne gardera du moins (miraculeusement) aucune trace de cet attentat aveugle qui aurait put le tuer 100 fois.
Accusera-t-on encore cette fois "l'O.A.S." ? L'attentat fait suite au congrès du "Front National" dont un voisin de l'enfant, M. Jean-Marie Le Pen, se trouve être le président. Un petit groupement politique peut-il encore tenir congrès ? La télé peut-elle encore rendre compte des déclarations de son président sans que tous les voisins tremblent pour leur vie et pour leurs biens ? C'est la question posée par l'attentat. Il n'y a pas de liberté sans sécurité. La "libéralisation", qui remet sans cesse en liberté "malfrats" et terroristes, détruit littéralement la liberté. »
Yann Le Pen, des années plus tard, contera l'événement dans une rédaction, en classe de quatrième. Devant la barbarie des hommes, mieux vaut encore laisser la parole aux enfants.
« Je n'étais jamais tranquille... le soir, quand mes parents me laissaient seule à la maison. Les voisins de palier, qui avaient un bébé, m'invitaient souvent à venir dîner chez eux. J'y faisais du baby-sitting, et je les connaissais donc très bien. Je restais à regarder la télévision avec eux mais j'étais mal à l'aise à l'idée de les quitter, eux, leur appartement égayé et clair, pour rentrer dans le mien, lugubre, triste, noir, sans bruit, rien que des craquements de parquet qui refroidit, le vent qui souffle.
Une forte migraine m'empêchait de dormir. Je remis mes couverture chaudes et lourdes sur mon visage : j'avais envie de pleurer. Pourquoi me parents ne venaient-ils pas ? J'essayai d'imaginer ce qu'ils étaient en train de faire. Je me disais : "En ce moment, ils disent au revoir à leurs amis, là ils mettent en marche le moteur de la voiture, là, ils sont en route..." Vers quatre heures du matin, tout l'immeuble dormait.
Vers cinq heures, un énorme bruit d'explosion fit trembler l'immeuble Ce bruit effroyable se mêla à mon cauchemar. Je me voyais seule d'un côté, maman de l'autre qui criait et m'appelait, mais la crevasse s'agrandissait. Je venais de me réveiller dans un lit défait et rempli de bouts de verre. Il faisait froid. Ma sœur ne pouvait passer par sa porte car celle-ci était coincée. Elle sauta par-dessus la bibliothèque qui nous séparait. Je courus vers elle et lui dis sottement : "Caroline ! J'ai peur de mourir !" Mai elle me calma en me disant que tout irait bien. Une odeur de souffre brûlé envahit toute la maison. Tout de suite, les gens se mirent à crier et à remplir l'impasse. Nous réalisions que nous avions été victimes d'un attentat. Nous avions compris que l'immeuble avait sauté, mais heureusement et grâce à Dieu, nous étions là, vivantes ! Mais était-ce encore pour longtemps ? L'immeuble allait-il s'effondrer sur nous ? Nous ensevelir ? Nous avions l'impression d'être seules à l'étage et qu'il balançait sur quatre pilotis. Le plus horrible, c'était que nous ne pouvions pas rejoindre nos parents car l'escalier qui nous conduisait à eux n'était plus là : il y avait à la place un trou sans fond. Une épaisse fumée blanche nous aveuglait. Maman nous appela pour nous demander si nous allions bien. Ma petite sœur venait de se réveiller et nous lui avions dit de ne pas bouger et de rester sur son lit. Elle avait cru à un tremblement de terre et demanda avec une petite voix : "Yann, est-ce que je peux m'asseoir sur ton lit ?"
Nous la fîmes venir en faisant attention. Nous étions maintenant trois dans ma chambre lorsque j'entendis papa demander à nos voisins comment allait Guillaume, leur bébé. Bernard, son père, répondit avec calme et contrôle : " Nous, ça va, mais à la place de la chambre du bébé il y a un trou ! " Mon cœur se serra. J'avais aperçu Bernard en pyjama et la moitié de la chambre de Guillaume était comme si on avait arrachée et coupée en deux. J'allais pleurer mais je me repris. Caroline et moi n'osions pas dire ce qui s'était passé à Marine, mai: elle le savait déjà.
Nous nous mîmes à prier pour que tous les gens soient sains et saufs. Nous pensions à Guillaume : " Pourvu qu'il soit vivant. " Là était notre plus grande préoccupation. Nous entendîmes papa crier aux pompiers : "Cherchez en bas ! Un bébé est tombé !" Il était bouleversé et maman aussi. Nous aurions voulu être dans les bras de maman. Ma grande sœur nous racontait des histoires mais nous voyions bien qu'elle sanglotait. Des minutes qui paraissaient des heures s'écoulèrent quand maman nous cria : "Guillaume est vivant ! On l'a retrouvé dans la cour !" Quelle fut notre joie, alors ! Nous pleurions tellement nous étions contentes. Je pleurais. De joie, de peur, de froid, de tristesse. Tout à coup, les cris des gens s'élevèrent : "Faites descendre les enfants !" Alors, des grues montèrent nous chercher tandis que mes parents descendaient par une grande échelle. Il faisait noir. » (Yann LE PEN, écrits d'enfance)
Evidemment, à la suite de cet attentat, Jean-Marie Le Pen n'a reçu aucun témoignage de soutien, ni aucun petit mot personnel sympathique de la part de ses adversaires politiques.
Photos et documents [bbcode][texte]

La une du Parisien sur l'attentat contre Jean-Marie Le Pen

La une de France-Soir sur l'attentat contre Jean-Marie Le Pen

L'immeuble de Jean-Marie Le Pen effondré sur 3 étages

L'immeuble de Jean-Marie Le Pen effondré sur 3 étages

Jean-Marie Le Pen, encore un peu surpris d'être vivant...


D'autres attentats [bbcode][texte]

C'est en faisant campagne pour son ami, Ahmed Djebbour, que Jean-Marie Le Pen perd un oeil... mais pas la parole

Après les locaux de la SERP, c'est au tour de ceux du Front national d'être dynamités. Faut-il donc que l'homme soit dérangeant...

Encore une autre bombe. Mais celle-là, le 18 mars 1978, pis que de saccager un immeuble, a ôté une vie, celle de François Duprat, universitaire, historien et membre du bureau du Front national, dont la voiture a été piégée. Chaque année, Jean-Marie Le Pen se rend sur la tombe du défunt. Un homme n'est véritablement mort que lorsque ses amis l'ont oublié : François Duprat continue de vivre dans le cœur de ceux qui l'ont aimé et l'aiment encore

Jean-Marie Le Pen au chevet d'Alex Temarii, touché par balle au cours d'un collage d'affiches
Sources [bbcode][texte]
- « 20 ans au Front » - Editions Nationales - Septembre 1993.
- « Album Le Pen » - Editions « Objectif France » - Septembre 2001.

