Des pressions et des menaces contre les Maires qui parrainent Jean-Marie Le Pen [bbcode][texte]
Les pressions et des menaces contre les Maires qui parrainent Jean-Marie Le Pen sont désormais bien connues, ce qui n'empêche pas les adversaires du Front National, toujours aussi cyniques et mesquins, de l'accuser de se victimiser.
Le Parisien du 9 septembre 2006 publie une enquête révélatrice des ces manœuvres : « On ne les y reprendra pas. Soixante-deux pour cent des parrains de Jean-Marie Le Pen en 2002 n'y reviendront pas. »
L'article poursuit : « Des menaces personnelles. C'est la première raison invoquée par les élus pour expliquer leur refus. Ils sont 21 à évoquer cette raison. Intimidations verbales, agressions physiques, jusqu'à des menaces de mort pour un maire de Seine-et-Marne, les représailles ont été nombreuses depuis que leur nom a été associé au FN. "Le feu de hangar deux jours après la parution du nom des parrains dans l'Est républicain, vous croyez que c'est un hasard ? Moi, non. Je n'ai pas choisi qui je parrainerai pour 2007, mais certainement pas Le Pen", assure Jean-René Gillot, maire de Vy-lès-Filain (Haute-Saône). "On a menacé de brûler ma ferme", raconte aussi Michel Petitcolas, maire d'Houdreville (Meurthe-et-Moselle). Maurice Rat, maire de Couargues (Cher), recense une antenne de voiture tordue "et une multitude de réflexions désagréables. Le FN a téléphoné deux fois cette année. Ils rappelleront, mais je serai ferme." Gilbert Jager, maire de Quemigny-sur-Seine (Côte-d'Or), a signé pour "un ami, membre du bureau FN", venu le solliciter. Cette année, il ne cédera pas. "J'ai reçu des lettres anonymes très désagréables." A Béard (Nièvre), l'ambiance était si pesante que le maire, Guy Piron, était à deux doigts de démissionner.
Des représailles sur la commune "Les subventions sont bloquées depuis cinq ans. Alors cette fois, Le Pen, c'est non, assure Ernest Van Elsen, maire de Noyers-Auzécourt (Meuse). C'est trop mal vu." Jean-Guy Naury, le maire de Montbavin (Aisne), décrit un climat délétère avec ses voisins de la communauté des communes. "Les élus ont exercé des pressions extrêmes et menacé de ne plus verser de subventions. Dans nos pays ruraux, on se fiche de savoir si vous êtes écolo, de droite ou de gauche, mais Le Pen, c'est mal vu. Je ne partage pas ses idées, mais je trouve anormal qu'une personne qui réunit 15 % des suffrages ne puisse pas se présenter." »
On le voit, il n'y a pas que des menaces physiques, mais également des persécutions d'Etat, comme la privation de subventions pour la commune. C'est ce que dénoncera le député Jean-Louis Masson, dans un projet de loi organique qu'il proposera à l'Assemblée Nationale le 21 février 2002. Il explique avant que « (...) à l'issue de la publication des listes de parrainages, des maires ont été contraints de démissionner par leur conseil municipal et les délégations d'un conseiller général ont été retirées (cf. question écrite n° 39754, J.O du Sénat du 2 mai 2002). Enfin, d'autres maires ont vu leur commune privée de subventions départementales ou régionales. »
C'est si vrai que, d'après l'enquête réalisée par le « Courrier des Maires » de novembre 2001, les maires des petites communes refusent majoritairement de donner leur signature à un candidat quel qu'il soit, car ce parrainage est considèré, à tort, comme un engagement politique qui rompt le consensus au sein de leur conseil municipal.

