Comment le système politico-médiatique a transformé un jeu de mot anodin en « antisémitisme » [bbcode][texte]

Ce qui est permis au Canard Enchaîné n'est pas permis à Le Pen.
Dans l'« affaire » dite « Durafour-crématoire »... ce n'est pas Le Pen qui a attaqué le premier. Il n'a fait que se défendre contre les attaques indignes de l'ancien ministre Durafour, usant d'un vocabulaire très en vogue entre 1933 et 1945, en disant haut et fort qu'il fallait « exterminer » le Front National. Son compère en trahison permanente, M. Stoléru secrétaire d'État auprès du Premier ministre, clamait lui : « Nous voulons faire disparaître Jean-Marie Le Pen de la vie politique.».
C'est dans ce contexte bien précis que le 2 septembre 1988, aux arènes du Cap d'Agde, se tenait l'université d'été du Front National, devant près de sept cents personnes qui participaient au déjeuner de clôture. Jean-Marie Le Pen fit, pendant une heure et demie, un discours d'une haute tenue morale, spirituelle et patriotique.
A cette occasion, il constata que la tradition de la presse de gauche d'enterrer Le Pen en septembre n'avait, cette année là, pas été respectée. Le Front National se portait on ne peut mieux et Michel Durafour, dans un entretien accordé à L'Événement du jeudi, ne pouvait que l'admettre, avec des sanglots désespérés.
Ce fut l'occasion pour Jean-Marie Le Pen d'épingler l'ex-maire de Saint-Étienne : « M. Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture, dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré "nous devons nous allier, aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le P.C., lui, perd ses forces, tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner" ». Et Le Pen de conclure, sous les applaudissements : « M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu ! ».
Cet innocent calembour, passé pratiquement inaperçu, tellement M. Durafour n'intéressait personne, et qui ne concernait nullement les Juifs, était de nouveau une pitance rare pour les médias.
En ne retenant que deux mots de Le Pen dans un discours d'une heure et demie et omettant de rappeler que depuis plusieurs semaines le triste Durafour s'était déchaîné contre le Front National et son président, appelant à les éliminer (physiquement ?) et à les faire disparaître (par le feu ?), la presse bien-pensante a prouvé, une fois de plus, sa légendaire honnêteté.
L'« orchestre rouge » aux aguets se déchaîna. C'est la Première chaîne qui lança l'affaire, en direct, pendant le journal télévisé. Les présentateurs (sur conseil de qui ?) téléphonèrent à la LICRA, à M. Bloch, à toutes les « grandes consciences ». Les personnalités politiques rivalisèrent de calomnie dans le délire anti-Le Pen. M. Schwarzenberg déclarait : « Le Pen a une croix gammée dans la tête ». M. Durafour, en remettait une couche : « Jean-Marie Le Pen regrette le bon temps du nazisme ». M. Michel Noir : « M. Le Pen donne libre cours à sa pensée profonde, celle de l'univers détestable du nazisme et de l'holocauste ». M. Evin, porte-parole du gouvernement : « M. Le Pen est un obsédé morbide du nazisme ! ». La communiste Mireille Elmaton : « Le Pen s'est rendu complice d'un crime contre l'humanité ».
Pourtant un autre « moraliste », grand donneur de leçon devant l'Éternel, M. Jacques Julliard, donnait l'absolution à Jean-Marie Le Pen : « N'abusons pourtant pas du procédé et ne transformons pas la psychanalyse de Le Pen en jeu de société. Que son inconscient soit antisémite, qui en douterait ? Cela dit, si les mots ont un sens, ce qui n'est pas toujours sûr, Le Pen, à ce qu'il m'a semblé, n'a pas voulu envoyer M. Durafour au crématoire mais l'a accusé, de façon absurde, de vouloir brûler le Front National. Ce n'est tout de même pas la même chose, et l'on doit la vérité même à un personnage aussi méprisable ». En clair, Jean-Marie Le Pen est un être « méprisable » car il tient des propos antisémites ; mais ses propos n'étant pas antisémites il est quand même un être méprisable... Allez comprendre...
Suite au déchaînement médiatique, le bureau politique du FN, réuni en assemblée extraordinaire, publiait le communiqué suivant, qu'au nom des Droits de l'Homme, et certainement pour la défense de la Liberté de l'information, aucun média ne reprit :
« Le Bureau politique du Front National, réuni le mardi 6 septembre, au siège du mouvement :
• 1. constate que la classe politicienne s'est emparée d'un propos de Jean-Marie Le Pen pour mener, avec les mêmes procédés que dans un passé récent, un véritable lynchage médiatique.
• 2. dénonce les procédés totalitaires utilisés dans cette hystérie : citations extraites de leur contexte ou tronquées comme lors de l'affaire dite du « détail » qui vit la condamnation en justice de TF1 ; matraquage sur toutes les ondes et à toutes les heures des attaques contre Jean-Marie Le Pen ; place dérisoire ou nulle laissée à ses réponses.
• 3. s'indigne qu'il n'ait été rendu compte en rien des travaux, des 700 participants de l'Université d'Été durant une semaine, ni des autres passages du discours de clôture de Jean-Marie Le Pen, consacré pour l'essentiel à la haute trahison qui se prépare en Nouvelle-Calédonie avec la complicité de la quasi-totalité de la classe politique.
• 4. rappelle que M. Durafour avait durant le mois d'août lancé contre Jean-Marie Le Pen des accusations aussi gratuites qu'odieuses, l'assimilant aux périodes les plus sombres de notre histoire, l'accusant de vouloir la mort des immigrés, et bientôt la mort des handicapés (sic), diffamation particulièrement grave de la part d'un ministre en exercice protégé par son immunité.
• 5. rappelle en outre que, contre Jean-Marie Le Pen, M. Durafour avait appelé à l'alliance avec le communisme, dont Soljenitsyne nous dit qu'il a tué encore plus de monde que le nazisme ; que non seulement ces insultes et ces propos n'avaient à l'époque choqué personne, mais que les communiqués du Front National y répondant n'étaient passés nulle part, tant il est vrai que contre Le Pen tout est bon.
• 6. déclare fermement que le chœur hypocrite des grandes âmes et des pleureuses est bien mal fondé à se plaindre qu'il ait été répondu à M. Durafour sur le terrain où il s'était injustement placé pour attaquer un homme dont le père est mort pour la France.
• 7. se félicite que le groupe Front National au Bureau de la région Rhône-Alpes ait été le seul à rappeler M. Durafour à ses devoirs et au respect de ses électeurs en demandant la démission de cet homme élu par les électeurs antisocialistes de la Loire et devenu depuis membre d'un gouvernement socialiste.
• 8. demande à M. Arpaillange, ministre de la Justice, que l'on a vu si indulgent à l'égard des terroristes et si prompt à brandir les foudres de la loi en faveur de son collègue ministre, quelles dispositions il compte prendre pour assurer la sanction des imputations diffamatoires proférées à l'encontre de Jean-Marie Le Pen, président de groupe au Parlement européen.
• 9. attire l'attention des Français, sensibles à juste titre à l'horreur des fours crématoires dans l'univers concentrationnaire, sur le fait que de tels fours sont installés dans les hôpitaux, et qu'y sont brûlés chaque jour les corps de centaines d'enfants arrachés vivants du sein de leur mère, en vertu des lois Veil et Roudy, législation eugénique que le national-socialisme a été le premier à pratiquer en Europe. »
Monsieur Durafour lui-même avait beaucoup plus d'humour que le système politico-médiatique uni contre le FN, et ne pouvait être en aucun cas offusqué par le jeu de mots de Le Pen. D'ailleurs, lorsque le Président du Front National s'était vu privé de son immunité parlementaire de député européen, c'était à la demande du ministre Arpaillange, paradoxalement, Michel Durafour lui-même n'avait pas jugé bon de porter plainte.
Voici pourquoi il ne pouvait en être choqué. Romancier, nouvelliste (une demi-douzaine de livres), Michel Durafour est même l'auteur d'une pièce de théâtre, Démoniaques, qui obtint, en 1950, le Grand Prix du Théâtre. En voici un extrait :
« — Vous autres, Juifs... Il lui semble que ses oreilles cornent, il la coupe brutalement : — Qu'est-ce que tu racontes, Evelyne ? Vous autres, Juifs ? Tu es juive, toi aussi ! — C'est exact. Nous autres, Juifs, nous n'avons pas seulement l'errance dans les muscles. Nous l'avons dans la tête, encore ! Nos raisonnements, ou ce que nous nommons tels, ne sont que des divagations. De génie, certes. Mais des divagations. — Tu es folle, Lyne ! Souviens-toi, à Genève... — Non, je ne me souviens pas. Je ne veux pas me souvenir ! Regarde-toi. Regarde père. Qui êtes-vous ? Qui croyez-vous être ? Des hommes libres ? Stupidité ! Vous êtes des esclaves. De la race la plus veule, celle des affranchis ! De la chair à battre ! — Si on t'entendait... — Et après ? Je me sens capable de monter sur cette table et de crier à tous qu'il n'y a pas eu assez de fours crématoires pour tous les Juifs ! Puisque la leçon ne leur a pas servi ! (...) »
Que n'aurait-on dit, toutefois, si un membre du Front National ou son Président, au cours d'une poussée de fièvre créatrice, s'était autorisé à écrire ces lignes quelque peu stupéfiantes...
Il faut savoir enfin que Le Canard Enchaîné avait en 1962 fait le même jeu de mots à propos du colonel Dufour de l'OAS lors de la guerre d'Algérie, assimilant, déjà à l'époque, les militaires défendant l'Algérie française à des nazis. Le jeu de mots « Dufour-crématoire » avait ainsi été étalé en tête de première page du numéro 2175 édité le 27 juin 1962, dans l'échange traditionnel entre les deux canards comme on peut le voir sur cette reproduction en grand format. Bien entendu, il n'avait suscité strictement aucune réaction hystérique de la part des médias, et pour cause, il n'était pas fait par Le Pen, qui manifestement n'a pas le droit de faire les jeux de mots que le système faisait lui-même 20 ans plus tôt...

